L’État québécois est-il obèse ou boulimique? Pour vous en faire une idée, quelques données statistiques…
Commençons avec l’effectif des différents ministères et organismes relevant directement du gouvernement québécois. Il y a au Québec 88 920 travailleurs différents, soit l’équivalent de 67 283 ETC (équivalents à temps complets) si on fait la différence entre les travailleurs à temps partiels et à temps complets. Il faut bien sûr ajouter les employés du secteur parapublic, soit l’éducation et la santé. Il y a un total de 475 429 travailleurs différents ou l’équivalent de 352 264 ETC.
Alors, est-ce plus ou moins qu’il y a dix ans? Selon le Conseil du Trésor, en 1998-1999 l’effectif québécois était de 285 967 ETC. Dix ans plus tard, il était rendu à 352 264 ETC, un différentiel positif de 66 297 travailleurs!
Dire que l’année après l’élection des libéraux, Monique Jérôme-Forget avait lancé son Plan de gestion des ressources humaines qui prévoyait qu’un seul emploi sur deux serait remplacé lors des mises à la retraite. Dans la période visée par le plan, soit 2004 à 2007, la fonction publique est passée de 331 304 emplois à 345 210…
Tout ça, évidemment, n’inclut pas les travailleurs des sociétés d’État que sont Hydro-Québec, Loto-Québec, la SAQ, la SAAQ et autres SEPAQ, SGF, Caisse de dépôt et placements etc. Selon l’ENAP, durant la même période cible de 1998 à 2008, le nombre d’employés des sociétés d’État est passé de 28 324 à 39 436…
Combien tout cela nous coute-t-il? Pour 2010-2011, les salaires de l’État (excluant les sociétés d’État) totalisent 33,7 milliards de dollars. C’est 936 millions de plus que l’année dernière.
Selon une étude de l’École nationale d’administration publique, les employés de l’État québécois représentent le cinquième de l’emploi total au Québec. Les employés fédéraux (fonctionnaires, militaires ou employés d’une société fédérale de la Couronne) doivent être pris en considération pour rendre compte de la taille de l’État au Québec. Ainsi, l’État, qu’il soit provincial ou fédéral, employait en 2008, sur le territoire du Québec, 854 828 équivalents personnes, un nombre en augmentation constante depuis le début des années 2000.
Alors, l’État est-il obèse ou boulimique? À ce rythme là, le gouvernement risque de se retrouver rapidement avec une indigestion sur les bras…
Petite question, les salariés du municipal sont-ils pris en compte dans le calcul des 854 828 équivalents personnes ?
Non, on ne parle ici que du provincial et fédéral… Imaginez!