Comme à chaque année, l’Institut de la statistique du Québec publie les données sur la rémunération globale des employés de l’état face aux travailleurs du secteur privé.
Voici la principale conclusion de l’ISQ : En 2010, les salaires des employés de l’administration publique accusent un retard de 7% par rapport au secteur privé. J’entends déjà les délégués syndicaux s’égosiller en criant : «Je vous l’avais dit, je vous l’avais dit» !
Mais attention, pour apprécier les résultats il faut non-seulement lire plus loin, mais aussi analyser les comparatifs utilisés pour faire la démonstration.
D’abord, les chercheurs démontrent que si on considère la rémunération globale, qui tient compte des avantages sociaux et de la présence au travail, il y a PARITÉ avec le secteur privé. Ça veut dire que les avantages consentis par l’employeur DOIVENT être calculés, tout comme le total des heures travaillées. À titre d’exemple, l’an dernier l’Institut économique de Montréal avait démontré que le régime de retraite des employés de l’état était 41 % plus avantageux que ce qu’on retrouve dans le privé.
Mais examinons ensemble les catégories d’emplois que l’ISQ a utilisé pour comparer le traitement des fonctionnaires.
Pour faire son calcul, l’Institut de la statistique du Québec ne compte que les travailleurs du privé qui œuvrent dans des entreprises de moins de 200 employés, c’est-à-dire des PME. Pas question de se comparer avec des grandes entreprises dont la moyenne salariale est plus élevée. Pas question non-plus d’inclure dans la comparaison les milliers d’employés des sociétés d’état qui sont pourtant payés par le gouvernement et qui feraient augmenter la moyenne salariale des fonctionnaires.
Exit les 23 000 employés d’Hydro-Québec, les 7 000 travailleurs de la SAQ, les 6 800 fonctionnaires de Loto-Québec, sans parler des 3 200 personnes qui travaillent à la SAAQ, les 3 081 employés de la SEPAQ et je manque de superlatifs pour nommer les 871 travailleurs de la Caisse de dépôt, les 112 de la Société générale de financement et les 50 000 employés du gouvernement fédéral qui travaillent sur le territoire québécois.
Selon un décompte réalisé par l’École nationale d’administration publique, si on compte tous les travailleurs qui reçoivent un salaire de l’État, qu’il soit provincial ou fédéral, on peut considérer qu’il y a l’équivalent de 854 000 fonctionnaires au Québec, soit 22,1% de tous les emplois.
Au fait, on a aussi décidé d’exclure de la comparaison les 195 000 emplois du secteur de la construction, soit un emploi sur 20 au Québec.
À mon avis, les chercheurs de l’Institut de la statistique du Québec (qui sont aussi des fonctionnaires) ont fait un calcul un peu rapide de la situation québécoise. Quand on veut être de mauvaise foi…