Archive | novembre, 2010

Taille de l’État ou l’obésité morbide du Québec…

30 nov

L’État québécois est-il obèse ou boulimique? Pour vous en faire une idée, quelques données statistiques…

Québec obèse

Commençons avec l’effectif des différents ministères et organismes relevant directement du gouvernement québécois. Il y a au Québec 88 920 travailleurs différents, soit l’équivalent de 67 283 ETC (équivalents à temps complets) si on fait la différence entre les travailleurs à temps partiels et à temps complets. Il faut bien sûr ajouter les employés du secteur parapublic, soit l’éducation et la santé. Il y a un total de 475 429 travailleurs différents ou l’équivalent de 352 264 ETC.

Alors, est-ce plus ou moins qu’il y a dix ans? Selon le Conseil du Trésor, en 1998-1999 l’effectif québécois était de 285 967 ETC. Dix ans plus tard, il était rendu à 352 264 ETC, un différentiel positif de 66 297 travailleurs!

Dire que l’année après l’élection des libéraux, Monique Jérôme-Forget avait lancé son Plan de gestion des ressources humaines qui prévoyait qu’un seul emploi sur deux serait remplacé lors des mises à la retraite. Dans la période visée par le plan, soit 2004 à 2007, la fonction publique est passée de 331 304 emplois à 345 210

Tout ça, évidemment, n’inclut pas les travailleurs des sociétés d’État que sont Hydro-Québec, Loto-Québec, la SAQ, la SAAQ et autres SEPAQ, SGF, Caisse de dépôt et placements etc. Selon l’ENAP, durant la même période cible de 1998 à 2008, le nombre d’employés des sociétés d’État est passé de 28 324 à 39 436

Combien tout cela nous coute-t-il? Pour 2010-2011, les salaires de l’État (excluant les sociétés d’État) totalisent 33,7 milliards de dollars. C’est 936 millions de plus que l’année dernière.

Selon une étude de l’École nationale d’administration publique, les employés de l’État québécois représentent le cinquième de l’emploi total au Québec. Les employés fédéraux (fonctionnaires, militaires ou employés d’une société fédérale de la Couronne) doivent être pris en considération pour rendre compte de la taille de l’État au Québec. Ainsi, l’État, qu’il soit provincial ou fédéral, employait en 2008, sur le territoire du Québec, 854 828 équivalents personnes, un nombre en augmentation constante depuis le début des années 2000.

Alors, l’État est-il obèse ou boulimique? À ce rythme là, le gouvernement risque de se retrouver rapidement avec une indigestion sur les bras…

Les salariés de l’État gagnent moins que le secteur privé. Oh yeah?

30 nov

Comme à chaque année, l’Institut de la statistique du Québec publie les données sur la rémunération globale des employés de l’état face aux travailleurs du secteur privé.

drapeau dessin

Voici la principale conclusion de l’ISQ : En 2010, les salaires des employés de l’administration publique accusent un retard de 7% par rapport au secteur privé. J’entends déjà les délégués syndicaux s’égosiller en criant : «Je vous l’avais dit, je vous l’avais dit» !

Mais attention, pour apprécier les résultats il faut non-seulement lire plus loin, mais aussi analyser les comparatifs utilisés pour faire la démonstration.

D’abord, les chercheurs démontrent que si on considère la rémunération globale, qui tient compte des avantages sociaux et de la présence au travail, il y a PARITÉ avec le secteur privé. Ça veut dire que les avantages consentis par l’employeur DOIVENT être calculés, tout comme le total des heures travaillées. À titre d’exemple, l’an dernier l’Institut économique de Montréal avait démontré que le régime de retraite des employés de l’état était 41 % plus avantageux que ce qu’on retrouve dans le privé.

Mais examinons ensemble les catégories d’emplois que l’ISQ a utilisé pour comparer le traitement des fonctionnaires.

Pour faire son calcul, l’Institut de la statistique du Québec ne compte que les travailleurs du privé qui œuvrent dans des entreprises de moins de 200 employés, c’est-à-dire des PME. Pas question de se comparer avec des grandes entreprises dont la moyenne salariale est plus élevée. Pas question non-plus d’inclure dans la comparaison les milliers d’employés des sociétés d’état qui sont pourtant payés par le gouvernement et qui feraient augmenter la moyenne salariale des fonctionnaires.

Exit les 23 000 employés d’Hydro-Québec, les 7 000 travailleurs de la SAQ, les 6 800 fonctionnaires de Loto-Québec, sans parler des 3 200 personnes qui travaillent à la SAAQ, les 3 081 employés de la SEPAQ et je manque de superlatifs pour nommer les 871 travailleurs de la Caisse de dépôt, les 112 de la Société générale de financement et les 50 000 employés du gouvernement fédéral qui travaillent sur le territoire québécois.

Selon un décompte réalisé par l’École nationale d’administration publique, si on compte tous les travailleurs qui reçoivent un salaire de l’État, qu’il soit provincial ou fédéral, on peut considérer qu’il y a l’équivalent de 854 000 fonctionnaires au Québec, soit 22,1% de tous les emplois.

Au fait, on a aussi décidé d’exclure de la comparaison les 195 000 emplois du secteur de la construction, soit un emploi sur 20 au Québec.

À mon avis, les chercheurs de l’Institut de la statistique du Québec (qui sont aussi des fonctionnaires) ont fait un calcul un peu rapide de la situation québécoise. Quand on veut être de mauvaise foi…

LE CANADA VA-T-IL ALLER ENTRAINER L’ENNEMI EN AFGHANISTAN?

24 nov

Thomas Walkom, un chroniqueur du Toronto Star, signe un texte intéressant sur le nouveau mandat qu’auront les soldats canadiens à partir de juillet 2011 : l’entrainement des soldats de l’armée afghane.

Il se demande : Va-t-on entrainer et armer nos propres ennemis? Même l’OTAN ne peut pas répondre à cette question.

Le problème, c’est le taux de défection des nouveaux engagés. Selon l’OTAN, les forces de sécurité afghane seront rendues à 305 000 membres l’an prochain quand le Canada va commencer son nouveau mandat.

En fait, il y a tellement de recrues actuellement que l’OTAN a du mal à suffire à la tâche. Mais avec une paie de 165 dollars par mois (quand elles sont payées), le taux de rétention des recrues est très bas.

Mais où s’en vont-elles quand elles quittent les rangs de l’armée ou de la police? Ça, personne ne le sait vraiment.

Selon l’OTAN, on doit entrainer 23 recrues pour chaque tranche de 10 soldats de l’armée régulière. Les autres sont soit tuées, quittent ou désertent. En plus, 20% des soldats de l’armée régulière quittent après un an. Chez les policiers, c’est 25%.

En aout dernier, le responsable de l’entrainement des soldats afghans, le général américain William Caldwell, estimait que la moitié des policiers de l’unité de contre-insurrection, une unité d’élite, avait été soit quitté, soit déserté ou avait été tuée.

Le président afghan Hamid Karzaï blâme les agences de sécurité qui recrutent les meilleurs soldats en leur offrant de meilleurs salaires, mais la possibilité qu’on soit en train d’entrainer des soldats qui ensuite se tournent vers les Talibans reste la plus grande crainte de l’OTAN.

En juillet, un insurgé qui avait infiltré les rangs de l’armée a tué trois soldats britanniques. Quelques mois auparavant, un policier avait fait la même chose avec cinq soldats américains.

Au début novembre, sept des 16 agents d’un poste de police situé au sud-ouest de Kaboul ont joint les rangs des Talibans. Les neuf autres ont été tués.

Pour essayer de contrer le phénomène, l’OTAN essai de repérer les traitres en prenant leurs empreintes digitales et en prenant des photos de leur pupille pour les référencer. On demande aussi que chaque recrue ait une lettre de recommandation d’un dignitaire local.

Le problème, c’est que les dignitaires locaux sont souvent des seigneurs de guerre et que l’Afghanistan vit encore à l’ère du moyen âge. Donc, même en prenant des photos, il est difficile de confirmer que telle ou telle recrue est bel et bien qui elle prétend être.

Le New-York Times écrivait mardi que l’OTAN s’est fait avoir dans ses négociations de paix avec les insurgés. Les négociateurs croyaient avoir affaires avec un négociateur Taliban, mais en réalité, il s’agissait d’un imposteur.

L’OTAN était convaincue qu’elle négociait avec le Mullah Akhtar Muhammad Mansour, le numéro deux des Talibans. On l’a même transporté jusqu’à Kaboul pour négocier secrètement avec lui. On s’est finalement rendu compte qu’il ne s’agissait pas du tout de Mansour quand on lui a remis une importante somme d’argent et qu’il est ensuite disparu dans la nature.

Pourquoi l’OTAN s’est-elle fait avoir de cette façon? Simplement parce que personne ne connait le véritable visage de Mansour. Mais puisque personne ne peut le reconnaitre, il pourrait aussi bien être en train d’apprendre les techniques militaires de l’armée afghane dans un des camps d’entrainement de l’OTAN…

Les Conservateurs et les bloquistes sont «cheaps»…

23 nov

Le parti conservateur a récolté 4 millions de dollars en financement entre le 1er juillet et le 30 septembre dernier dans ses différentes activités de financement. C’est plus que tous les autres partis réunis!

Depuis le début de l’année, les conservateurs ont amassés pas moins de 12,2 millions de dollars, les libéraux 4,7 millions, le NPD 2,8 millions et le Bloc québécois, 318 840 dollars. Bref, les conservateurs passent la gratte!

Pour voir quels sont les donateurs les plus radins, il faut se rapporter aux chiffres de 2009. L’an dernier, les 101 385 donateurs Conservateurs ont financé leur parti à hauteur de 17,7 millions, les 37 385 libéraux ont donné 12,5 millions, les 23 704 néo-démocrates 7,4 millions et les 6 052 bloquistes ont déplié 889 763 dollars. En faisant une simple division, on arrive à déterminer le palmarès suivant :

-          Parti Libéral : 334 dollars par donateur

-          NPD : 312 dollars par donateur

-          Parti Conservateur : 174 dollars par donateur

-          Bloc québécois : 147 dollars par donateur

Bref, si j’étais organisateur libéral j’essaierais de trouver le moyen d’augmenter le nombre de donateurs et si j’étais conservateurs, je tenterais de trouver des donateurs plus généreux.  L’autre question que cela soulève : peut-on construire un pays avec des militants aussi «cheaps»?

 

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