Le Québec a le plus haut niveau d’endettement de tous les gouvernements du Canada

17 fév

Cette fois, je n’aurai pas besoin de composer un texte bien élaboré pour vous démontrer à quel point les finances publiques sont en mauvais état. Je n’ai qu’à citer le Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, qui publiait aujourd’hui sa «vérification de l’information financière» du gouvernement du Québec.

Ainsi, selon M. Lachance, « Les efforts à faire pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2013-2014 seront plus importants que ce qui était prévu ». La raison principale est que la croissance des dépenses de programmes est bien supérieure que ce qui avait été estimé.

Imaginez, les dépenses de chacun des ministères augmente de près de 5% par année au Québec, bien au-delà de l’indice des prix à la consommation, même si le gouvernement tente de freiner cette hémorragie.

Et pour ajouter au malheur des comptables du ministère des Finances, le vérificateur général estime maintenant qu’on doit ajouter à la dette brute du Québec les sommes contractées directement sur les marchés. Juste pour l’année 2010, c’est 5 milliards de plus!

Ce qui encore plus alarmant, c’est l’importance que prend la dette par rapport au PIB du Québec. Selon Renaud Lachance, « la dette brute au produit intérieur brut est passée de 50,4 % au 31 mars 2009 à 53,8 % au 31 mars 2010 ». Le Québec a le plus haut niveau d’endettement de tous les gouvernements du Canada. Et ce n’est pas fini, puisque les déficits annuels prévus d’ici le retour à l’équilibre budgétaire s’ajouteront à la dette.

Autre signal d’alarme, le vérificateur général rappelle que « la croissance des obligations contractuelles à la charge du gouvernement du Québec (…) totalisent 34,7 milliards de dollars ». En clair, ce sont des engagements pris avec des partenaires privés ou publics et qu’il faudra bien un jour payer. Ces obligations représentent à elles seules 11,4 % du PIB.

Bref, la situation financière du Québec est loin de s’améliorer et il faudra un jour commencer à penser à rembourser, mais surtout à juguler l’hémorragie…

Les larmes féminines voudraient dire «pas ce soir, mon chéri»

7 jan

L’humain n’est pas la seule espèce animale à avoir des larmes (les animaux qui ont des yeux à l’air libre ont généralement des larmes), mais l’humain est l’une des rares espèces animales à pleurer.

Et une nouvelle étude démontre qu’on pleurerait bien davantage pour des raisons de communication que d’émotion.

Selon le Dr Noam Sobel, de l’Institut scientifique Weizmann, d’Israël, les larmes de la femme seraient en fait une sorte de signal chimique à l’homme pour dire : «pas ce soir, chéri».

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont recruté des femmes qui pleuraient facilement et ont récolté leurs larmes. Dans un groupe cible d’hommes, la moitié a «sniffer» les larmes fraiches et l’autre une solution saline, c’est-à-dire de l’eau avec un peu de sel. Les deux groupes ont ensuite été soumis à une batterie de tests.

Résultat : on a noté une baisse importante du niveau de testostérone et une réduction notable de l’excitation sexuelle chez les hommes qui avaient été mis en contact avec les larmes féminines. On a même soumis les hommes à un visionnement de la version non-censurée du film 9 semaines et demi, avec Kim Bassinger, qui est considéré comme l’un des films les plus excitant jamais tourné. Grâce à un scan du cerveau, on s’est rendu compte que certaines zones actives lors de l’excitation sexuelle l’étaient moins dans le groupe A que dans le groupe B.

On croit aussi que les larmes féminines pourraient réduire le niveau d’agressivité de l’homme.

Mais il reste encore beaucoup de questions en suspend. On voudrait savoir si la composition chimique des larmes est différente en période menstruelle. C’est bien connu que les femmes sont plus sensibles durant cette période. Elles pleurent donc plus facilement et biologiquement parlant, ce n’est pas la meilleure période pour avoir des relations sexuelles. Est-ce que les larmes seraient un signal à l’homme de modérer ses avances?

On voudrait aussi savoir si les larmes masculines ont un effet sur la femme? Est-ce que les larmes d’enfants sont différentes?

Les chercheurs ont également constaté que les larmes émotionnelles sont différentes des larmes de douleur. Si une femme se fait attaquer, par exemple, est-ce que les larmes de douleur vont avoir un effet contraire sur son conjoint pour l’inciter à la défendre?

Le Dr Sobel entend explorer les larmes animales et comparer les résultats avec l’humain. On sait déjà que les rats se lavent en s’aspergeant le visage de larmes avec leurs pattes avant. Ça aurait pour effet d’abaisser l’agressivité des autres mâles. Ça implique donc que les animaux développeraient des sentiments semblables à ceux des humains.

 

Taille de l’État ou l’obésité morbide du Québec…

30 nov

L’État québécois est-il obèse ou boulimique? Pour vous en faire une idée, quelques données statistiques…

Québec obèse

Commençons avec l’effectif des différents ministères et organismes relevant directement du gouvernement québécois. Il y a au Québec 88 920 travailleurs différents, soit l’équivalent de 67 283 ETC (équivalents à temps complets) si on fait la différence entre les travailleurs à temps partiels et à temps complets. Il faut bien sûr ajouter les employés du secteur parapublic, soit l’éducation et la santé. Il y a un total de 475 429 travailleurs différents ou l’équivalent de 352 264 ETC.

Alors, est-ce plus ou moins qu’il y a dix ans? Selon le Conseil du Trésor, en 1998-1999 l’effectif québécois était de 285 967 ETC. Dix ans plus tard, il était rendu à 352 264 ETC, un différentiel positif de 66 297 travailleurs!

Dire que l’année après l’élection des libéraux, Monique Jérôme-Forget avait lancé son Plan de gestion des ressources humaines qui prévoyait qu’un seul emploi sur deux serait remplacé lors des mises à la retraite. Dans la période visée par le plan, soit 2004 à 2007, la fonction publique est passée de 331 304 emplois à 345 210

Tout ça, évidemment, n’inclut pas les travailleurs des sociétés d’État que sont Hydro-Québec, Loto-Québec, la SAQ, la SAAQ et autres SEPAQ, SGF, Caisse de dépôt et placements etc. Selon l’ENAP, durant la même période cible de 1998 à 2008, le nombre d’employés des sociétés d’État est passé de 28 324 à 39 436

Combien tout cela nous coute-t-il? Pour 2010-2011, les salaires de l’État (excluant les sociétés d’État) totalisent 33,7 milliards de dollars. C’est 936 millions de plus que l’année dernière.

Selon une étude de l’École nationale d’administration publique, les employés de l’État québécois représentent le cinquième de l’emploi total au Québec. Les employés fédéraux (fonctionnaires, militaires ou employés d’une société fédérale de la Couronne) doivent être pris en considération pour rendre compte de la taille de l’État au Québec. Ainsi, l’État, qu’il soit provincial ou fédéral, employait en 2008, sur le territoire du Québec, 854 828 équivalents personnes, un nombre en augmentation constante depuis le début des années 2000.

Alors, l’État est-il obèse ou boulimique? À ce rythme là, le gouvernement risque de se retrouver rapidement avec une indigestion sur les bras…

Les salariés de l’État gagnent moins que le secteur privé. Oh yeah?

30 nov

Comme à chaque année, l’Institut de la statistique du Québec publie les données sur la rémunération globale des employés de l’état face aux travailleurs du secteur privé.

drapeau dessin

Voici la principale conclusion de l’ISQ : En 2010, les salaires des employés de l’administration publique accusent un retard de 7% par rapport au secteur privé. J’entends déjà les délégués syndicaux s’égosiller en criant : «Je vous l’avais dit, je vous l’avais dit» !

Mais attention, pour apprécier les résultats il faut non-seulement lire plus loin, mais aussi analyser les comparatifs utilisés pour faire la démonstration.

D’abord, les chercheurs démontrent que si on considère la rémunération globale, qui tient compte des avantages sociaux et de la présence au travail, il y a PARITÉ avec le secteur privé. Ça veut dire que les avantages consentis par l’employeur DOIVENT être calculés, tout comme le total des heures travaillées. À titre d’exemple, l’an dernier l’Institut économique de Montréal avait démontré que le régime de retraite des employés de l’état était 41 % plus avantageux que ce qu’on retrouve dans le privé.

Mais examinons ensemble les catégories d’emplois que l’ISQ a utilisé pour comparer le traitement des fonctionnaires.

Pour faire son calcul, l’Institut de la statistique du Québec ne compte que les travailleurs du privé qui œuvrent dans des entreprises de moins de 200 employés, c’est-à-dire des PME. Pas question de se comparer avec des grandes entreprises dont la moyenne salariale est plus élevée. Pas question non-plus d’inclure dans la comparaison les milliers d’employés des sociétés d’état qui sont pourtant payés par le gouvernement et qui feraient augmenter la moyenne salariale des fonctionnaires.

Exit les 23 000 employés d’Hydro-Québec, les 7 000 travailleurs de la SAQ, les 6 800 fonctionnaires de Loto-Québec, sans parler des 3 200 personnes qui travaillent à la SAAQ, les 3 081 employés de la SEPAQ et je manque de superlatifs pour nommer les 871 travailleurs de la Caisse de dépôt, les 112 de la Société générale de financement et les 50 000 employés du gouvernement fédéral qui travaillent sur le territoire québécois.

Selon un décompte réalisé par l’École nationale d’administration publique, si on compte tous les travailleurs qui reçoivent un salaire de l’État, qu’il soit provincial ou fédéral, on peut considérer qu’il y a l’équivalent de 854 000 fonctionnaires au Québec, soit 22,1% de tous les emplois.

Au fait, on a aussi décidé d’exclure de la comparaison les 195 000 emplois du secteur de la construction, soit un emploi sur 20 au Québec.

À mon avis, les chercheurs de l’Institut de la statistique du Québec (qui sont aussi des fonctionnaires) ont fait un calcul un peu rapide de la situation québécoise. Quand on veut être de mauvaise foi…

LE CANADA VA-T-IL ALLER ENTRAINER L’ENNEMI EN AFGHANISTAN?

24 nov

Thomas Walkom, un chroniqueur du Toronto Star, signe un texte intéressant sur le nouveau mandat qu’auront les soldats canadiens à partir de juillet 2011 : l’entrainement des soldats de l’armée afghane.

Il se demande : Va-t-on entrainer et armer nos propres ennemis? Même l’OTAN ne peut pas répondre à cette question.

Le problème, c’est le taux de défection des nouveaux engagés. Selon l’OTAN, les forces de sécurité afghane seront rendues à 305 000 membres l’an prochain quand le Canada va commencer son nouveau mandat.

En fait, il y a tellement de recrues actuellement que l’OTAN a du mal à suffire à la tâche. Mais avec une paie de 165 dollars par mois (quand elles sont payées), le taux de rétention des recrues est très bas.

Mais où s’en vont-elles quand elles quittent les rangs de l’armée ou de la police? Ça, personne ne le sait vraiment.

Selon l’OTAN, on doit entrainer 23 recrues pour chaque tranche de 10 soldats de l’armée régulière. Les autres sont soit tuées, quittent ou désertent. En plus, 20% des soldats de l’armée régulière quittent après un an. Chez les policiers, c’est 25%.

En aout dernier, le responsable de l’entrainement des soldats afghans, le général américain William Caldwell, estimait que la moitié des policiers de l’unité de contre-insurrection, une unité d’élite, avait été soit quitté, soit déserté ou avait été tuée.

Le président afghan Hamid Karzaï blâme les agences de sécurité qui recrutent les meilleurs soldats en leur offrant de meilleurs salaires, mais la possibilité qu’on soit en train d’entrainer des soldats qui ensuite se tournent vers les Talibans reste la plus grande crainte de l’OTAN.

En juillet, un insurgé qui avait infiltré les rangs de l’armée a tué trois soldats britanniques. Quelques mois auparavant, un policier avait fait la même chose avec cinq soldats américains.

Au début novembre, sept des 16 agents d’un poste de police situé au sud-ouest de Kaboul ont joint les rangs des Talibans. Les neuf autres ont été tués.

Pour essayer de contrer le phénomène, l’OTAN essai de repérer les traitres en prenant leurs empreintes digitales et en prenant des photos de leur pupille pour les référencer. On demande aussi que chaque recrue ait une lettre de recommandation d’un dignitaire local.

Le problème, c’est que les dignitaires locaux sont souvent des seigneurs de guerre et que l’Afghanistan vit encore à l’ère du moyen âge. Donc, même en prenant des photos, il est difficile de confirmer que telle ou telle recrue est bel et bien qui elle prétend être.

Le New-York Times écrivait mardi que l’OTAN s’est fait avoir dans ses négociations de paix avec les insurgés. Les négociateurs croyaient avoir affaires avec un négociateur Taliban, mais en réalité, il s’agissait d’un imposteur.

L’OTAN était convaincue qu’elle négociait avec le Mullah Akhtar Muhammad Mansour, le numéro deux des Talibans. On l’a même transporté jusqu’à Kaboul pour négocier secrètement avec lui. On s’est finalement rendu compte qu’il ne s’agissait pas du tout de Mansour quand on lui a remis une importante somme d’argent et qu’il est ensuite disparu dans la nature.

Pourquoi l’OTAN s’est-elle fait avoir de cette façon? Simplement parce que personne ne connait le véritable visage de Mansour. Mais puisque personne ne peut le reconnaitre, il pourrait aussi bien être en train d’apprendre les techniques militaires de l’armée afghane dans un des camps d’entrainement de l’OTAN…

Les Conservateurs et les bloquistes sont «cheaps»…

23 nov

Le parti conservateur a récolté 4 millions de dollars en financement entre le 1er juillet et le 30 septembre dernier dans ses différentes activités de financement. C’est plus que tous les autres partis réunis!

Depuis le début de l’année, les conservateurs ont amassés pas moins de 12,2 millions de dollars, les libéraux 4,7 millions, le NPD 2,8 millions et le Bloc québécois, 318 840 dollars. Bref, les conservateurs passent la gratte!

Pour voir quels sont les donateurs les plus radins, il faut se rapporter aux chiffres de 2009. L’an dernier, les 101 385 donateurs Conservateurs ont financé leur parti à hauteur de 17,7 millions, les 37 385 libéraux ont donné 12,5 millions, les 23 704 néo-démocrates 7,4 millions et les 6 052 bloquistes ont déplié 889 763 dollars. En faisant une simple division, on arrive à déterminer le palmarès suivant :

-          Parti Libéral : 334 dollars par donateur

-          NPD : 312 dollars par donateur

-          Parti Conservateur : 174 dollars par donateur

-          Bloc québécois : 147 dollars par donateur

Bref, si j’étais organisateur libéral j’essaierais de trouver le moyen d’augmenter le nombre de donateurs et si j’étais conservateurs, je tenterais de trouver des donateurs plus généreux.  L’autre question que cela soulève : peut-on construire un pays avec des militants aussi «cheaps»?

 

Des dons en échange de nominations…

21 sept

Franco Fava ne voulait pas d’une réforme des tribunaux administratifs, parce que le projet de loi préparé par le cabinet de Marc Bellemare lui enlevait la possibilité de faire des nominations.

Devant la commission Bastarache, l’architecte du projet de loi 35, l’ex-sous-ministre Georges Lalande, a expliqué que la réforme visait à modifier la durée du mandat des juges administratifs. Ces derniers étaient nommés pour des mandats de 5 ans renouvelables, alors que le ministre Bellemare voulait les nommer à vie selon leur bonne conduite.

Georges Lalande va même jusqu’à dire qu’il s’agissait là d’une des raisons d’être du projet de loi.

Or, les syndicats et la CSST ne voulaient pas d’une telle modification parce qu’elle aurait impliquée que des juges qui ne leurs étaient pas favorables auraient pu être nommés à vie.

Lors d’un dîné avec Franco Fava au restaurant Michelangelo, le 8 juillet 2003, Georges Lalande s’était fait dire par le financier du PLQ que Marc Bellemare jouait au pur en s’entêtant à vouloir choisir lui-même les juges.

Franco Fava aurait dit ensuite : «M. Bellemare ne comprend pas qu’on a besoin de nommer nos amis, à la justice comme ailleurs. Ça foule aux portes après 9 ans dans l’opposition». Selon le témoignage de M. Lalande, Franco Fava avait mentionné qu’il laisserait le ministre de la justice nommer le juge en chef de la Cour du Québec et qu’il se reprendrait avec des nominations à la Commission des lésions professionnelles et ailleurs.

Ces nominations devenaient en quelque sorte un véhicule pour récompenser les donateurs du parti libéral. Fava se vantait même, toujours selon Georges Lalande, de récolter un million de dollars par année pour le parti.

Comme quoi les relations sont toujours payantes…

Commission Bastarache: opération de destruction ou recherche de la vérité?

16 sept

Aux dires de Marc Bellemare, la commission Bastarache ne cherche pas la vérité mais à détruire sa réputation. L’épisode du calepin de notes en est un bel exemple.

Me Battista, le procureur de la commission, a précisé ce matin que Marc Bellemare avait consenti à ce qu’une expertise soit faite sur le document litigieux dès le début de la commission, à condition qu’elle soit faite par un organisme qui ne relève pas du gouvernement québécois.

Il y a eu des dizaines de notes manuscrites mises en preuve devant la commission, la plupart par des gens qui ont contredit Marc Bellemare. Va-t-on aussi demandé une expertise scientifique pour s’assurer qu’elles ne sont pas contrefaites?

Depuis le début de la semaine, les interrogatoires menés par les procureurs de la commission ne visaient qu’à vérifier les allégations de Marc Bellemare. Comme si le mandat premier, celui d’examiner le processus de nomination des juges, passait deuxième.

Jusqu’où ira le commissaire Bastarache dans son opération de destruction? La semaine qui vient sera déterminante à ce sujet.

On devrait y entendre, notamment, Franco Fava, Charles Rondeau, Georges Lalande et Jean Charest.

Un peu plus tôt, la rumeur a courue que Marc Bellemare allait se retirer de la commission. Au contraire, il s’est allié un deuxième avocat, Me Jean-François Bertrand, celui-là même qui le représente dans sa poursuite contre Jean Charest.

Et déjà, on sait que le témoin Marc Bellemare veut assister au témoignage de Fava, comme si il voulait à son tour lui transmettre une bonne dose de pression…

Même CSI ne peut venir à bout de Marc Bellemare…

15 sept

Les parties incriminantes du seul document déposé par Marc Bellemare devant la commission Bastarache ont été écrites avec une encre différentes du reste du document, mais il est impossible de déterminer quand les notes ont été rédigées.

Ce sont les grandes conclusions de l’expert Luc Brazeau mandaté par la commission pour analyser le document en question.

Les trois lignes qui ont été rendues publiques, le 25 août dernier, font état de pression exercées sur l’ex-ministre par Franco Fava et Charles Rondeau. Il s’agit en fait d’abréviations annotées à l’encre bleue sur un document qui contient d’autres notes non-pertinentes aux travaux de la commission Bastarache.

Selon les prétentions de Marc Bellemare, le carton en question a été écrit le soir même de sa démission du gouvernement Charest, le 27 avril 2004, et les jours suivants.

Mais l’analyse de l’encre démontre que l’ensemble du document a été écrit à l’aide de trois instruments d’écritures. L’un contenait une encre qui n’a pas réagie aux spectres lumineux auxquels l’expert les a soumis. Par contre, les trois lignes incriminantes étaient «luminescentes», selon l’expression utilisée par le chimiste Brazeau.

Cependant, il est impossible de dire quand les notes ont été écrites parce que l’encre utilisé n’est pas compatible avec les instruments utilisés par l’expert de l’Agence des services frontaliers.

Donc, impossible de dire si Marc Bellemare les a écrites dans la même semaine que le reste du document ou s’il l’a fait au court des derniers mois.

Marc Bellemare devra donc s’expliquer sur le fameux document demain, lors de la reprise de son contre-interrogatoire.

CSI débarque à la commission Bastarache…

15 sept

CSI va débarquer à la commission Bastarache sur le processus de nomination des juges.

À l’ouverture des audiences ce matin, le procureur de la commission, Me Giuseppe Battista, a indiqué qu’un expert en datation et analyse de l’encre, Luc Brazeau, viendra analyser le fameux carton sur lequel Marc Bellemare avait pris des notes au lendemain de sa démission.

Luc Brazeau est analyste judiciaire pour l’Agence des services frontaliers du Canada. Le carton en question est le seul document qui vient étayer le témoignage de Marc Bellemare. Selon ce dernier, il a été écrit à l’endos d’un calepin de notes le jour même où il a remis sa démission au premier ministre Jean Charest, le 27 avril 2004, et dans les jours qui ont suivis.

Au premier jour de son témoignage, Marc Bellemare avait longuement déchiffré les notes et abréviations qu’on y retrouve et qui font état des pressions dont il dit avoir été l’objet de Franco Fava et Charles Rondeau. L’importance de ce document est donc cruciale pour la crédibilité de son témoignage.

Imaginez seulement que l’expert nous apprenne que le document a été écrit au court des derniers mois, ou que Marc Bellemare y a fait des annotations récentes. Quelle serait alors la valeur de son témoignage?

Puisque la commission repose essentiellement sur les allégations que l’ex-ministre de la justice a faites en avril dernier, le juge Bastarache n’aurait d’autre choix que d’annuler un processus devenu inutile.

Mais on n’en est pas encore là. Dans l’émission CSI, les policiers scientifiques sont d’une efficacité redoutable pour trouver les preuves inexistantes. Gageons que la réalité ne rejoindra pas la fiction…

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